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Cette nuit...

La nuit où je suis morte...





Aout 2003, j'ai 23 ans.

Au domicile d'une connaissance.
C'est le soir, je suis assise sur le rebord de mon lit.

Je sens mon corps trembler, les battements de mon coeur sont en train de ralentir. Je ressens des sueurs froides, j'ai la tête qui tourne, au début doucement, puis de plus en plus vite, et je sens une forte douleur au coeur, très désagréable. Je m'écroule sur mon lit. Je ne peux plus bouger.

J'essaye d'appeler à l'aide...

J''hurles si fort...AU SECOURS, AIDE MOI !!!
J'espère que quelqu'un dans l'autre pièce va m'entendre et se rendre compte que je ne bouges plus, que je ne respires plus.

Mais rien, personne ne vient. Je suis seule...Crier ne sers à rien.

Je continue à penser et à réfléchir, mais mon corps reste de plâtre.

J'essaie pourtant de bouger...au moins les doigts, mais rien, pourtant je suis concentré.

Ma tête continue de tourner et je ressens encore une douleur, mais c'est une douleur plutôt agréable. Mon coeur continue de ralentir, puis soudain, il s'arrête.

Je me demande ce qu'il se passe, je n'entends plus aucun bruit extérieur. Ma tête arrête de tourner et j'ai l'impression que je vole. C'est bizarre, et en même temps, j'ai terriblement peur.

Je sens encore des sueurs froides, mais un peu moins que tout à l'heure, je me sens légère comme une plume. J'aperçois la pièce où je me trouve, mais vu du plafond.

C'est là que je ressens une paix intérieure, un bien être assez difficile à décrire, il y a énormément d'amour tout autour de moi, une sensation très agréable.

Puis je sens comme une présence avec moi, qui m'accompagne dans ce voyage. C'est blanc et doux. J'ai l'impression que je marche sur un nuage.

C'est là que je me rends compte que je vais mourir...

Je n'ai pas vu de tunnel, ni de lumière aveuglante, je n'ai pas vu défiler ma vie, il n'y avait personne que je connaissait me tendant la main, non, rien de tous ça...

Juste moi, et cette présence, je crois que c'est Dieu ou bien un ange gardien, qui me fais comprendre que tout va bien se passer, que je n'ai pas à avoir peur.

Que Dieu est là et qu'il veille sur moi.

Et là, je pense à des choses que je voulais faire et que je n'ai pas eu le temps de réaliser. Comme dires à mes frères et a mes parents que je les aimes, continuer de voyager pour rencontrer encore plus de gens, retourner à l'église.

Je veux revenir dans mon corps mais je n'y arrive pas. Quelqu'un me tire par le bras. Mais je ne veux pas encore partir avec lui, je ne suis pas prête. Je ne veux pas mourir, pas ce soir, pas comme ça, pas toute seule.

Je lutte pour revenir, comme si je nageais à contre-courant. Je me suis rendu compte que j'avais fais beaucoup d'erreur dans ma vie et je dis : « Si vous me laissez repartir dans mon corps, je referai ma vie autrement, en mieux ».

Je vois une silhouette qui me donne quelque chose. Je le prends, et je retourne dans mon corps, toujours avec difficulté.

Mais ma respiration revient, très rapide, puis normalement ensuite.

Je sens que mon coeur recommence à battre. J'ai un peu mal, mais je suis revenue. J'ai encore la tête qui tourne et je suis perdu.

Je me demande ce qu'il vient de se passer. J'ai peur, je transpire et pourtant j'ai froid. Je ne réalise pas encore que j'étais morte, et que maintenant je vis. Mon voyage n'a duré que cinq minutes, mais pour moi, ça me paraissait beaucoup plus long.

J'entends un bruit, dehors, c'est un rossignol.

Il me faudra beaucoup de temps pour réaliser et pour en parler.

Au personne qui ont peur de la mort, je voudrai leur dire...Là haut, c'est très beau, je ne sais pas si j'étais au Paradis, mais c'était mieux là-bas, qu'ici...

Je suis revenue différente de ce voyage (comme on dit, dans l'au-delà), depuis, je suis beaucoup plus empathique, j'ai changé de vie, j'ai repris mes études pour faire un métier que j'aime, je profite plus de la vie et du temps qu'il me reste.

Je voyage et je me suis rapproché de Dieu.

Il n'y a qu'un seul problème, c'est que, mon âme voulais partir en paix et je lui en ai empêchée.
Si je devais revivre ce moment, je crois que je me laisserai partir, je ne me battrai pas, car on est si bien là bas...